Le nouveau Monde Libertaire 1801

Disponible aussi par correspondance auprès de Publico

N’oubliez pas de vous abonnez ici !

Et le Monde Libertaire est un bi-média : le journal papier et le site internet !

Bonne lecture !

EDITO

Alimentation et politique

On oublie trop souvent le statut politique de l’alimentation. Le dossier de ce moisci essaye de présenter les différents enjeux politiques relatifs à notre consommation essentielle.
Il est en effet indéniable que la façon de se nourrir ne peut être totalement détachée du mode de production dans lequel nous sommes insérés : se nourrir c’est certes toujours remplir une fonction physiologique (consommer des calories pour vivre) Lire la suite

[Dans le ML] Repenser l’antimilitarisme aujourd’hui

article extrait du Monde libertaire n°1800 de décembre 2018

Si l’Europe et les États-Unis vivent globalement en paix sur leur territoire depuis la Seconde Guerre mondiale ce n’est pas le cas du reste du monde : Syrie, Yémen, République démocratique du Congo, pour ne citer que quelques pays. Pourtant les signes de la guerre chez nous n’ont pas disparu, et la France connaît une militarisation importante, permise notamment par l’état d’urgence, que les attentats ont légitimé y compris au sein de la population. Mais plus encore que chez nous, c’est chez les autres que nous exportons la guerre : matériel militaire, opérations militaires, en Libye, au Mali, en Irak, néo-colonialisme pour capter les richesses etc. Il ne faut donc pas se laisser tromper par notre situation européenne : si nous vivons en paix ce n’est pas le cas de l’humanité en général, et la guerre permanente qui est conduite dans le monde est bien souvent le fait de nos gouvernements. Et même si la guerre n’est pas d’actualité chez nous il n’en est pas de même de l’esprit militaire.

Aujourd’hui, la militarisation a bonne presse : les soldats patrouillent, les reportages chantent les louanges des soldats français en mission, les campagnes de publicité ont pignon sur rue. En 2016 87% des Français avaient encore une bonne opinion de l’armée, en faisant la deuxième institution la plus appréciée après l’hôpital. Pourtant qu’en sait-on réellement ? Les données sont dures à trouver du fait d’une interdiction de l’ethnographie ou des travaux qualitatifs, les scandales sont étouffés en interne et nous sommes donc condamnés à ingurgiter la vision officielle, celle qui défile sur les Champs-Élysées le 14 Juillet. Dans ces conditions la critique éclairée est devenue difficile.

Que reste-t-il alors de l’antimilitarisme ? Presque rien. Il est pourtant fondamental de lui ré-insuffler la vie.

Qu’est-ce que l’antimilitarisme ? 

L’Encyclopédie anarchiste

Lire la suite

[Dans le ML] Enfants soldats, les oubliés des guerres.

Article extrait du Monde libertaire n°1800 de novembre 2018

Les enfants soldats, nous n’aimons pas trop en parler. Parce que dans nos contrées, l’enfance c’est un peu sacré, c’est un peu un moment sensé être joyeux. Même si ce n’est pas totalement vrai, que des horreurs arrivent ici aussi, nous avons quand même du mal à imaginer nos bambins une armes en bandoulière et tuant des gens.

Pourtant, il existe 20 pays où officiellement, du moins sans que cela ne dérange trop, des enfants sont enrôlés dans l’armée ou dans des groupes armés. Les voici : Afghanistan, République centrafricaine, République Démocratique du Congo, Irak, les territoires palestiniens, Liban, Libye, Mali, Birmanie, Somalie, Soudan du Sud, Soudan, République arabe syrienne, Yémen, Colombie, Inde, Nigéria, Pakistan, Philippines, Thaïlande.
Cette liste n’est bien entendu pas exhaustive, car certaines situations ne sont pas connues.

Oui, dans le monde, des adultes n’ont aucun scrupule à envoyer des enfants à la guerre. Selon l’UNICEF, le recrutement peut commencer à l’âge de 7 ans. Vous avez bien lu.
Contrairement à une idée reçue, le « garçon africain à la kalachnikov » n’est pas le seul à être enrôlé. C’est plus de 20 zones de guerre (en lien avec les

Lire la suite

[Dans le ML] Portraits croisés

article extrait du Monde libertaire n°1799 d’octobre 2018

Je m’attendais à ce que les libertaires fassent de la question du vieillissement l’un de leurs sujets de prédilection. Comment, en effet, rester autonome jusqu’au bout, lorsque l’on devient dépendant ?

Comment respecter la liberté de nos proches lorsqu’on les accompagne, lorsque l’on devient l’un ou l’une de ces « aidant.e.s » ? L’expérience du vieillissement, du nôtre comme de celui des autres, interroge le cœur de l’idéal anarchiste : l’autonomie. Pourtant, la littérature sur le sujet paraît bien pauvre. À l’exception de l’excellent ouvrage de Suzanne Weber (Avec le temps, Les Éditions libertaires, 2005), de quelques revues (notamment Labordage, revue critique de l’âgisme) et d’expériences militantes (comme celle des Babayagas), la liberté à l’époque du grand âge n’a que peu intéressé celles et ceux qui ont tant écrit sur l’autonomie dans l’enfance. Sans doute le vieillissement récent de la population y est-il pour quelque chose ; sans doute aussi l’invention – tout aussi récente – de la « retraite » a-t-elle profondément modifié notre rapport au temps qui passe. Nous mourrons de moins en moins au travail, laissant la place à une période béante.

Bredouille, je m’en suis retournée vers les anciens qui me sont chers. Ils ont beau penser
qu’anarchie signifie désordre et attentats, du fond de leurs fauteuils ils ruminent des questions essentielles, soulèvent des pistes dont les libertaires doivent se saisir. Anselmo a 88 ans. Il est l’un de ces rares représentants d’une organisation familiale dite « traditionnelle ». Arrivé d’Italie à l’âge de 17 ans, ouvrier agricole, il vit à Marseille, entouré de ses enfants et de ses petits enfants, dans la ferme qui l’a employé à son arrivée en France. Au fil des ans les granges se sont changées en appartements, chacun trouvant son intérêt à cet habitat collectif multi générationnel. À l’étage vit sa fille, Sylvie. À soixante
ans, elle pensait goûter aux joies de la retraite. Mais le temps manque, son père est vieux. Elle fait le choix de s’occuper de lui. Je retranscris ici ce qu’ils ont bien voulu me raconter, un matin de mois d’août à Marseille.

Vieillir, qu’est-ce que c’est ?

Lire la suite

[Dans le ML] Vieillesse et Anarchie

Lien direct vers le Monde Libertaire ICI

article extrait du Monde libertaire n°1799 d’octobre 2018

Ce texte est une introduction au questionnement sur la vieillesse d’un point de vue libertaire. Il ne prétend pas être exhaustif ou non problématique. Il ne demande qu’à être continué, nuancé, repris et amendé par des apports successifs et critiques

« Il est temps de penser l’accompagnement et la prise en charge de la vieillesse alors même que les personnes âgées sont de plus en plus nombreuses. »

Alors que la question de la vieillesse touche à l’essence même de l’anarchie – l’autonomie –, les courants libertaires semblent s’être majoritairement désintéressés de la question. Rares sont les textes, théoriques ou non, qui abordent le problème du vieillissement, de la dépendance, voire de la démence, d’un point de vue anarchiste. Plusieurs raisons peuvent expliquer ce silence. Le vieillissement de la population est en définitive relativement récent. En 1960, en France, l’espérance de vie (hommes et femmes confondus) était en moyenne de 70 ans. On n’avait pas le temps d’être vieux, on mourrait avant de devenir dépendant. Par ailleurs, la retraite est une invention tout aussi nouvelle : ce n’est qu’en 1945 que le gouvernement français issu de la résistance institua un système public généralisé de pensions. Jusque dans les années 1940, la vieillesse était comme invisibilisée : on était un vieux travailleur mais pas un vieux. On mourrait à la tâche. Il est également possible que les réflexions au sein de l’anarchisme aient mis de côté les cas de perte d’autonomie, relégués à la marge comme des exceptions. Cette marginalisation n’a ainsi pas permis la réelle prise en compte de cette situation inéluctable. Peut-être aussi les anars sont-ils longtemps restés prisonniers, à leur insu, de représentations et de pratiques sociales solidement ancrées. Si l’on n’avait pas à penser à la vieillesse, c’est parce que les issues semblaient aller de soi : mourir au travail, finir ses vieux jours dans une institution ou passer ses dernières années entourés de ses proches. La société ou la famille (même élargie, même recomposée) prendraient soin de nous. Il est temps de penser l’accompagnement et la prise en charge de la vieillesse alors même que les personnes âgées sont de plus en plus nombreuses.

Lire la suite

[Dans le ML] Libertaires et libertariens : deux enfants du liberalisme

ICI l’article directement sur le site du Monde Libertaire

article extrait du Monde libertaire n°1798 de septembre 2018

L’anarchisme (ou libertarisme) et le libertarianisme (ou l’anarcho-capitalisme) sont deux façons de radicaliser le libéralisme. En apparence certaines ressemblances sont frappantes : lutte contre la domination de l’État, pour la préservation et l’élargissement de la liberté individuelle, contre la contrainte et la coercition violente. Sur bien des points les deux mouvements peuvent théoriquement se retrouver – contre la violence d’État, pour l’amour libre, le thème de la désobéissance civile, etc. Comment ne pas être frappé par la proximité des mots par ailleurs ? Les libertaires et les libertariens ne diffèrent qu’à peine à l’écriture, si bien qu’en anglais libertarian signifie aussi bien l’un que l’autre.

Pourtant cet ancêtre commun qu’est le libéralisme ne détermine pas une identité commune entre les deux courants. Il nous apparaît important de clarifier cette situation et cette distinction alors que les auteurs libertariens récupèrent une partie des auteurs anarchistes comme Proudhon, rapproché par l’Institut Coppet aux libéraux du Journal des économistes, au premier rang desquels Bastiat et Molinari, grands inspirateurs des mouvements ultra-libéraux aux États-Unis et en France. De son côté Rothbard, un des plus grands théoriciens du libertarianisme, récupère très largement les anarchistes individualistes américains de la fin du XIXème siècle en se réappropriant leurs critiques de l’impôt.

Notre propos consiste à clarifier les différences effectives entre les deux courants théoriques, en montrant que malgré les apparences, les ressemblances, les rapprochements et les récupérations l’anarchisme et l’anarcho-capitalisme, le libertarisme et le libertarianisme sont deux héritiers très différents du libéralisme, notamment en se distinguant très clairement sur la question de la liberté et de la contrainte.

Lire la suite

[Dans le ML] Mad Marx : une fable marxiste dans un monde post-apocalyptique.

ICI lien direct vers le Monde Libertaire

article extrait du Monde libertaire n°1799 d’octobre 2018

Dans un monde post-apocalyptique inspiré du célèbre Mad Max, dévasté par des guerres nucléaires, des révoltes et habité désormais par des individus isolés dont le seul but est la survie, nous retrouvons Marx « le fou », un vieillard en chaise roulante, théoricien de la lutte des classes et du capitalisme, ainsi que Romane, une jeune fille sortie de prison ayant raté l’apocalypse et voulant retrouver sa sœur.

Les deux protagonistes vont chercher la sœur de Romane à « Monopolis »…

La websérie, en noir et blanc pour souligner le caractère apocalyptique de l’environnement, est composée de 4 épisodes de 20 minutes, et un épisode sera diffusé tous les deux jours sur youtube à partir du 15 septembre. L’environnement décharné est celui des alentours nantais, particulièrement bien mis en valeur par des choix de réalisation judicieux et une musique métal bien adaptée.

A l’occasion de la sortie de la websérie nous avons pu poser quelques questions au réalisateur sur ce projet collectif qu’il qualifie même de libertaire :

CRML : Pourquoi avoir choisi Marx comme l’un des deux personnages principaux?
Mathias Averty : Tout est parti d’un jeu de mot entre Mad Max et Karl Marx. C’était grisant d’imaginer ce vieux philosophe lutter contre le Capitalisme et la sauvagerie dans un monde post-apocalyptique. On trouvait que c’était hyper intéressant d’explorer toute la facette pop de ce personnage en avance sur son temps et d’en faire le Gandalf ou le Dumbledore de notre Révolution. Honnêtement, nous n’avons jamais lu le Capital en entier, on est plus des jeunes geeks humanistes que des universitaires, mais malgré tout, Marx reste une figure puissante qui constitue une grosse partie de notre héritage politique. Alors on s’est dit qu’on voulait lui offrir une nouvelle vie dans la série, casser un peu le cliché du philosophe hermétique en le présentant autrement : comme un vieux sage éclairé et bienveillant,

Lire la suite